Essai de masques faciaux

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Par Cédric Verdier

 

La presse spécialisée plongée se fait de plus en plus l'écho de l'utilisation des masques faciaux en plongée loisir. On en vante la clarté, le champ de vision impressionnant, la facilité ventilatoire accentuée par le fait que l'on peut parfois respirer par le nez, et la possibilité d'y adjoindre un système de communication sous-marine. On parle également du confort thermique en eau froide qui permet de se sentir au chaud, à l'abri, alors que les autres plongeurs ont les lèvres bleues et les mâchoires gelées.

Mais même si les avantages sont bien réels, il ne faut pas oublier les inconvénients. Ils reposent le plus souvent sur les particularités morphologiques de l'utilisateur, en particulier au niveau de la taille du visage qui peut diminuer l'étanchéité, et la difficulté parfois rencontrée, d'équilibrer les oreilles sans pouvoir se pincer le nez.

Face à ces constats, nous avons souhaité vous présenter trois modèles aux caractéristiques et aux utilisations très différents, situés dans des gammes de prix très variées.


L'Ocean Reef Neptune II

Le fabricant italien a sorti il y quelques temps un modèle qui se veut résolument tourné vers le marché de la plongée loisir et s'est donné les moyens de toucher une clientèle pourtant réticente à ce genre de nouveautés. Mais l'appareil est tellement bien ciblé que les résultats sont probants.
La première impression lorsque l'on essaye le Neptune II, c'est l'incroyable champ de vision de 180° et la sensation de lumière ambiante par rapport à un masque traditionnel, quel que soit le nombre de vitres et la transparence de sa jupe. C'est comme si on regardait un paysage par une fenêtre alors qu'on avait l'habitude de le regarder par un trou de serrure.
La vitre en polycarbonate, résistante aux balles de calibre 6,35, est malheureusement plus sensible aux rayures pendant le transport, ce qui est plus fréquent que de voir un plongeur se faire tirer dessus au revolver par un plaisancier en colère. Mais la vitre est placée très proche du visage, ce qui permet de réduire la flottabilité du masque (le volume interne est inférieur à 1 litre) tout en assurant un champ de vision maximum.
La jupe en silicone est très confortable et assure une bonne étanchéité, sauf aux petits visages qui sont par conséquent privés de Neptune, le masque n'existant que dans une taille.
L'ajustement du sanglage est assez facile et un ingénieux système permet un " largage rapide " du masque en cas de soucis ou tout simplement en fin de plongée. L'équilibrage des oreilles se fait au moyen de deux excroissances plastiques que chacun peut régler en fonction de la forme et de la longueur de son appendice nasal. Malgré tout, Cyrano et Cléopatre s'abstenir, car la méthode de Valsalva n'est pas toujours facile à executer, pour se boucher les narines.
La facilité respiratoire est satisfaisante pour la plongée loisir mais ce masque n'est pas adapté à des plongées plus profondes, l'espace mort devenant trop important et facilitant l'accumulation de CO2 et l'essoufflement.
Le grand plus de ce masque est bien sûr la possibilité de lui adjoindre le système de communication sous-marine GSM proposé par le fabricant. Un micro est placé dans le masque et un récepteur est fixé à côté de l'oreille gauche, sur la sangle du masque.
La communication entre deux plongeurs est plutôt bonne, à condition de faire attention aux bruits des bulles au moment de l'émission. Le résultat avec le poste surface est plus médiocre car il ne faut pas trop s'éloigner du bateau si l'on veut continuer à converser avec la surface.

Un bilan donc très positif pour le masque Neptune II qui correspond très bien aux plongées loisir et se voit doté d'un prix de vente très compétitif, avec ou sans le détendeur Ocean Reef qui l'accompagne, et d'un look général plutôt agréable.


Le masque facial Scubapro

Livré dans une élégante sacoche noire, le masque facial Scubapro semble résolument adepte de cette couleur, donnant à l'ensemble une austérité qu'il ne mérite pas. Car ce masque est l'exemple même d'un produit à mi-chemin entre le monde professionnel et la plongée loisir, ce qui lui donne une bonne polyvalence.
Le volume très réduit lui confère une flottabilité minime mais les deux vitres anti-buée (qui n'en forment en réalité qu'une seule) réduisent beaucoup le champs de vision et la clarté. Ce masque n'a pas d'abord été conçu pour admirer les poissons.
Par contre, il présente un certain nombre d'avantages non négligeables pour certains. En effet ici, le nez est logé dans une poche nasale similaire à celle d'un masque traditionnel de plongée, ce qui permet de se pincer le nez pour équilibrer les oreilles. Un soulagement pour beaucoup !
L'embout buccal assure un effort respiratoire minime, fonction directe du détendeur qui est fixé dessus et qui peut être n'importe quel modèle existant sur le marché. L'adaptation est facile, et deux ouvertures latérales supplémentaires permettent de fixer un détendeur de secours et un moyen de communication sous-marine (ou un 3ème détendeur !). Les combinaisons sont même multiples car, en jouant sur la molette de réglage du détendeur principal (celui dans le logement frontal), on peut privilégier la respiration sur un détendeur ou l'autre, et éventuellement sur une bouteille ou l'autre.
L'étanchéité de la double jupe est plutôt bonne, même sur un petit visage, et une petite purge basse permet l'évacuation de toute humidité intérieure. A noter que la sangle de fixation peut être parfois difficile à régler et à ajuster sur la tête. Il suffit de prendre son temps et d'y aller en douceur.

Un bilan là aussi positif pour un masque au look pas très engageant, utilisable pour divers usages en plongée, à un prix très raisonnable par rapport à la qualité du produit.

Le masque facial Comex-Pro

Pour ceux qui veulent se faire plaisir, et en ont les moyens, le masque facial Comex Pro a bien sûr été conçu pour un usage professionnel. Mais le résultat est là.
L'ensemble est particulièrement bien conçu et étonnamment facile d'utilisation.
La vitre concave épouse bien la forme du visage et fournit un champs de vision très large, sans déformation optique. L'étanchéité est satisfaisante mais nécessite un réglage des sangles un peu " serré ".
La respiration est facile, même en profondeur, grâce au détendeur Tek Star du même fabricant, bien connu des amateurs d'efforts en plongée profonde. Le positionnement du détendeur permet un balayage de l'air à l'intérieur du masque et évite ainsi toute apparition de buée sur la vitre. Un régal.
Quelques ombres au tableau malgré tout. Un système d'équilibrage des oreilles qui tient, suivant les morphologies, de l'instrument de torture. Et un encombrement du masque qui lui donne un grand volume et une flottabilité importante. Ce qui confirme que ce masque a été conçu pour une utilisation professionnelle au fond, le travail s'effectuant plutôt verticalement alors qu'une exploration horizontale place la tête dans une position un peu inconfortable.

Un look du masque, gris et jaune, assez agréable et un confort respiratoire sans égal place ce masque dans une catégorie haut de gamme, ce qui confirme son prix élevé pour le marché de la plongée loisir.

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