Les limites du Nitrox |
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Par Cédric Verdier
Alors que le Nitrox devient à la mode, des questions commencent à apparaître pour en connaître les avantages et en déterminer les limites. Ces limites tant physiques que physiologiques apparaissent encore confuses pour certains, en particulier en terme de profondeur. On sait qu'en respirant du Nitrox, la courbe de sécurité s'en trouve rallongée, et que si l'on utilise la même procédure de décompression qu'à l'air, le facteur de sécurité est bien plus grand.
Mais à la question "A combien peut-on aller avec du Nitrox ?", la réponse devient aussi évasive que celle nécessaire pour répondre à la traditionnelle question du non plongeur : "dis Monsieur, avec ta bouteille, tu restes combien de temps sous l'eau ?".
Lorsque l'on parle de durée et de profondeur, le facteur limitant avec l'air est la plupart du temps l'azote. Quand il s'agit de Nitrox, le trouble fête serait plutôt l'oxygène. Alors que l'on avait 21 % d'oxygène dans l'air, tout à coup on en a un peu plus et cela nous chagrine.
Jugez plutôt :
L'oxygène devient toxique lorsqu'il est respiré à une certaine pression partielle. En faisant un effort de mémoire, vous vous rappelez sûrement que la pression partielle (PP) de l'oxygène dépend directement de la proportion d'oxygène dans le mélange respiré, et de la profondeur à laquelle on le respire. C'est la fameuse loi de Dalton. La pression partielle maximale d'oxygène que peut tolérer l'organisme est une valeur fixe, quel que soit le mélange respiré. Suivant les organismes de formation et les circonstances, on cite des valeurs allant de 1.4 à 1.6 bar. Conséquence directe pour le plongeur amateur de Nitrox, la profondeur maximale à laquelle il pourra aller, sera fonction du pourcentage d'oxygène dans le mélange qu'il a dans sa bouteille.
Le calcul est simple. Mais il est encore plus simple lorsque l'on sait qu'il existe un tableau où l'on trouve les valeurs déjà calculées pour les mélanges les plus courants. De quoi faciliter la vie à ceux qui n'apprécient ni boulier chinois, ni règle à calcul. L'important, c'est de vérifier cette valeur avant d'utiliser un mélange suroxygéné.
Pour ce qui est de la durée, elle dépend bien sûr des tables de plongée, c'est à dire de l'azote, mais aussi de cette même toxicité de l'oxygène qui nous empêche d'en respirer trop.
1. L'azote : Les tables de plongée, tout le monde connaît. Pour ce qui est du Nitrox, ces tables sont généralement adaptées des tables de plongée à l'air. A moins que l'on utilise un ordinateur Nitrox ou des tables normales mais avec un facteur de conversion.
2. L'oxygène : L'organisme, et en particulier le système nerveux central, ne peut supporter une quantité d'oxygène trop importante par jour. Cela ne pose généralement aucun problème à l'air mais commence à nous préoccuper avec cet air enrichi en oxygène que l'on appelle Nitrox. Lors de sa formation à l'utilisation du Nitrox, le plongeur se voit doté d'un tableau qui lui permet, par simple lecture, de savoir si la plongée simple ou successive qu'il désire faire ne l'amène pas trop près de ces limites, auquel cas il lui faudrait augmenter son intervalle de temps en surface.
Encore une fois, tout est simple si on se donne la peine que ça le soit. Mais n'imaginons pas un seul instant que l'on puisse se passer de ces précautions car la toxicité de l'oxygène agit sans crier gare et peut avoir des conséquences fâcheuses. Le meilleur et le plus simple moyen de les éviter est encore de suivre une formation appropriée afin de connaître les procédures liées à la planification et à l'utilisation du Nitrox durant vos plongées.
Un moyen de profiter sans souci des avantages du Nitrox.(Paru dans Fun Plongée)