Accessoires certes, mais indispensables

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Par Cédric Verdier

 

L'image que l'on a généralement du plongeur Tek est celle d'un pauvre bougre surchargé de bouteilles, couverts de tuyaux, étincelants d'anneaux en Inox et chancelant sous le poids d'un matériel qu'il a du mal à porter sur terre et à transporter sous l'eau. Autant dire l'antithèse de l'hydrodynamisme, de l'aquaticité et de la légèreté.
Contre cette image, les plongeurs Tek américains ont progressivement mis au point une école de pensée, pour ne pas dire une philosophie, selon laquelle plus l'équipement est simple et mieux c'est. Cela semble évident mais le snobisme de l'excès de matériel a la vie dure. Sous l'impulsion de William Hogarth Maine, le matériel s'est progressivement dépouillé et chaque partie a été mûrement réfléchi en terme de sécurité et d'efficacité. Cette configuration Hogarthienne s'est petit à petit imposée comme LA méthode à suivre, le " Doing it Right " (faites çà bien !) basée sur l'expérience des plongeurs spéléo de Wakulla.

C'est ce qui se fait pour les détendeurs et le stock de gaz. Le principe est de pouvoir gérer une perte de gaz inopinée dans l'une des bouteilles (extrusion d'un joint torique de robinetterie, détendeur en débit continu, etc.), sans pour autant perdre la totalité du gaz. Deux écoles s'affrontent : avoir un bi avec une barre de connexion équipée d'une vanne centrale d'isolation, afin de garantir l'indépendance a posteriori des deux bouteilles, ou avoir deux bouteilles réellement indépendantes, avec l'obligation de changer régulièrement de détendeur afin d'avoir constamment la même quantité de gaz dans les deux bouteilles.
Quelle que soit la formule adoptée, chaque bouteille est équipée d'un détendeur aux performances irréprochables, ce qui augmente vite le nombre de tuyaux lorsque l'on ajoute manomètres et direct system. D'un usage de plus en plus répandu, le tuyau long (entre 1,5 et 2,5 m suivant les modèles) permet de donner de l'air à un autre plongeur avec une amplitude maximale et sans peur de se gêner durant la remontée ou la sortie d'un passage étroit. On utilise la longueur désirée de ce tuyau en fonction des circonstances, grâce à divers systèmes d'accrochage qui permettent de s'adapter aux besoins du moment.
Afin d'accrocher tout cela et de minimiser le frein que pourraient constituer ces tuyaux dans l'eau, il convient de trouver des moyens d'accrochage à la fois sûrs, rapides d'utilisation, robustes, peu sujet à la corrosion et raisonnablement onéreux.
Les mousquetons ont montré leur utilité lorsqu'il s'agit d'accrocher une bouteille, un manomètre ou une lampe à un anneau Inox. Parmi les différents modèles existants, certains jugés " suicidaires ", ont été bannis par certaines écoles car un fil d'Ariane, un câble ou un fil de pèche pouvait s'y introduire sans aucune intervention humaine. C'est le cas des mousquetons Marine et de modèles à ouverture rapide, abandonnés par les Hogartiens au profit de mousquetons à col dont l'ouverture ne peut se faire seule.

La chambre à air a été progressivement supplanté par le tuyau chirurgical dont les utilisations peuvent être infinies. Pour James Elroy, auteur de romans noirs, le tuyau chirurgical est un excellent moyen d'étrangler quelqu'un ou de piper de l'essence dans un réservoir. Pour le plongeur Tek, son usage est moins criminel car, fixé autour d'une bouteille, il permet de ranger les tuyaux qui traînent. C'est l'un des moyens de ranger le tuyau long précédemment cité, plaqué contre la bouteille droite du Bi. Lorsque son diamètre est plus petit, le tuyau chirurgical se transforme en une lanière de cou qui permet d'avoir le détendeur accroché, prêt à l'emploi mais facilement détachable. Il peut enfin servir à fixer ou à maintenir en place détendeur de secours, couteau ou cisaille, manomètre et tuyau annelé de la bouée.


L'important reste donc que tout l'équipement d'un plongeur Tek soit conçu et testé afin de lui fournir tous les éléments de sécurité dont il a besoin, mais sans privilégier la surcharge de matériel. L'équipement doit être fonctionnel, facilement utilisable et surtout permettre d'éviter emmêlement, accrochage et traînée important lors des déplacements sous l'eau.

Le plongeur n'est pas un Sherpa mais plutôt l'utilisateur d'outils adaptés au type de plongée qu'il prévoit de faire.

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