Enlever et remettre son scaphandre

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Par Cédric Verdier

 

Bien sûr s'équiper et se déséquiper constituent l'une des parties incontournables de la plongée sous-marine, mais le décapelage du scaphandre est une technique trop souvent survolée dans les formations et pourtant fort utile. Manipuler comme si de rien n'était un morceau de métal encombrant comme un gros sac à dos et pesant facilement sa quinzaine de kilos, n'est chose facile que pour ceux dont la musculature imposante ne permet que des combinaisons sur mesure.
Pour les autres, certaines petites astuces peuvent permettre de se simplifier l'existence, de préserver l'intégrité de son dos et parfois même d'accroître sa sécurité en plongée.
Bien sûr, ces conseils et ces techniques seront différents si on utilise un gilet réglable dont les clips aux épaules permettent de larguer facilement le scaphandre, ou un gilet intégral qui ne permet pas cela mais apporte une flottabilité supplémentaire au niveau des épaules.

A terre.

Au début de chaque plongée, le plongeur doit mettre son scaphandre, exercice périlleux qui demande force, coordination et respect des autres plongeurs à proximité.

Différentes techniques existent pour cela :
- la méthode brutale : elle consiste à soulever son scaphandre à deux mains et, par un tour de force digne des meilleurs haltérophiles, à passer le scaphandre par-dessus tête et à l'enfiler comme un pull-over. Cette technique a son origine dans les méthodes utilisées avec un détendeur Mistral à un étage. C'est maintenant une méthode à déconseiller aux plus faibles, à ceux qui hésitent à assommer leurs voisins et à ceux qui pensent que l'équilibre sur un bateau est quelque chose de très relatif.

- La méthode sac à dos : c'est la méthode que l'on voit malheureusement le plus souvent. La bouteille étant debout par terre, on saisit le gilet d'une main et d'un mouvement de dos dont les vertèbres n'apprécient pas la beauté à sa juste valeur, on soulève et on enfile le scaphandre comme s'il s'agissait d'un vulgaire petit sac à dos. Mais la différence de poids est de l'ordre de la dizaine de kilos. A déconseiller donc à ceux qui sont fragiles du dos ou qui préfèrent le ménager.

- La méthode assise : sur les bateaux qui sont équipés pour cela, il est possible de s'asseoir dos à son bloc et de capeler tranquillement son scaphandre sans effort. Le seul effort reste ensuite de se lever, effort minime si l'on n'est pas équipé d'un bi 2 X 12 litres. Si la bouteille est fixée sur un rack pour éviter qu'elle ne bouge, il est opportun de penser à enlever l'élastique ou le moyen de fixation. C'est donc une méthode avec un minimum d'effort et sans torsion vertébrale. A préférer lorsque cela est possible.

- La méthode en binôme : puisqu'on ne plonge jamais seul, autant profiter de l'aide des autres pour éviter de se faire mal, à condition bien sûr de leur rendre la pareille ensuite. Il suffit que votre binôme soulève votre scaphandre pour que vous puissiez le capeler tranquillement comme une veste. Mais soyez galant. C'est à la personne la moins forte physiquement d'aider son binôme en premier. Ainsi elle n'a pas à supporter à la fois le poids du scaphandre de son équipier et le poids de son propre scaphandre.

Dans tous les cas de figure, il est impératif de veiller à ce que tout soit bien ajusté et disposé. Les sangles doivent être suffisamment serrées, les tuyaux correctement fixés pour ne pas traîner sur le fond et être facilement accessibles en cas de besoin. Quant à la bouteille, elle doit être solidement fixée sur le back-pack de gilet. Resserrer une sangle de bouteille est souvent plus facile à faire sur terre que dans l'eau.

Ces méthodes, valables pour le capelage du bloc, sont bien sûr directement adaptables à son décapelage, à l'exception de la méthode brutale, par-dessus la tête, qui est peu usitée car très difficilement réalisable pour décapeler.

En surface.

Il n'est pas rare, lorsque l'on utilise un pneumatique ou une petite embarcation, de préférer s'équiper dans l'eau. L'opération semble en effet plus simple car la flottabilité du gilet permet de contrecarrer le poids de la bouteille. Quelques précautions sont malgré tout à prendre. Jeter son scaphandre par-dessus bord pour le rejoindre ensuite en surface n'est possible que si le dit scaphandre reste là où on l'a jeté. Evoluant dans un espace à trois dimensions, il peut choisir de couler, si on n'a pas gonflé le gilet suffisamment, ou de dériver s'il y a beaucoup de courant.

Là aussi plusieurs méthodes sont possibles :
- La méthode par-dessus tête : similaire à celle pratiquée sur terre, elle est plus facile dans l'eau, à condition de vérifier que les tuyaux ne soient pas emmêlés à l'issue, en particulier celui du détendeur qui a tendance à venir se loger à l'intérieur du gilet, là où il sera difficile à récupérer une fois le scaphandre recapelé. Une attention toute particulière pour ceux qui porte le tuba attaché au masque : ce tuba a une fâcheuse tendance à venir déloger le masque lorsque l'on passe le scaphandre par-dessus la tête. Une autre méthode sera peut être préférable.

- La méthode du binôme : là aussi votre équipier peut vous aider, tout simplement en maintenant votre scaphandre verticalement pendant que vous enfilez le gilet. Plus le gilet est gonflé et plus vous devrez faire d'effort pour l'enfiler car plus vous devrez vous soulever pour atteindre les manches.

- La méthode assise ou allongée sur le dos : sûrement l'une des plus confortables car il suffit de bien gonfler votre gilet et de venir vous asseoir ou vous allonger dessus, dos au gilet. Une fois les bras passés dans les manches, il vous suffit de vous laisser glisser pour que le gilet vienne se positionner naturellement. Pour fermer et ajuster les différentes sangles, vous pouvez choisir entre une position verticale normale, à condition de dégonfler un peu le gilet, ou une position allongée sur le dos, moins naturelle mais peut être plus rapide.

Cette fois-ci, le décapelage se fera principalement d'une seule façon, une fois le gilet gonflé, qui consiste à défaire les différents clips de largage et à se débarrasser du scaphandre comme on enlève une veste. C'est là aussi utile pour se déséquiper avant de monter sur un pneumatique, mais aussi pour résoudre un problème tel qu'une bouteille mal fixée ou un emmêlement de tuyaux.

Au fond

Mais pourquoi décapeler et recapeler son scaphandre sous l'eau ? Pourquoi se placer volontairement dans une situation délicate ?
Ce n'est souvent pas par masochisme mais plutôt pour résoudre un problème lui aussi délicat. Il peut s'agir là encore d'une sangle de bouteille qui a tendance à se desserrer une fois mouillée. Mais on peut avoir aussi à se dépêtrer d'un fil de pêche qui aurait la mauvaise idée de venir s'enrouler autour de la robinetterie. Cela peut enfin être utile pour résoudre un problème de détendeur ou de tuyau, voire de robinetterie que l'on aurait oublié d'ouvrir lorsque l'on est équipé de deux robinetteries séparées. Mais bien qu'on l'entende dire encore très souvent, le décapelage est peu utilisée pour un échange de scaphandre sous l'eau avec son binôme ou pour passer dans l'étroiture d'une épave ou d'une grotte. Ces techniques ne sont pas de celles qui s'improvisent et que le plongeur loisir est amené à rencontrer souvent.

Encore une fois, trois méthodes sont réellement possibles :
- la méthode par-dessus tête : elle trouve sa vraie place sous l'eau, là où la flottabilité aide réellement, sans problème pour les autres plongeurs à proximité et sans crainte pour le dos.

- La méthode " sac à dos " : on décapelle et on recapelle comme une veste. C'est une bonne méthode pour éviter de s'emmêler dans les tuyaux lorsque l'on recapelle.

- La méthode allongée : elle consiste à s'allonger sur le dos au fond, à dégrafer ce qui peut l'être et à décapeler son scaphandre.

Quelle que soit la méthode envisagée, l'important est de le faire lentement, sans précipitation et sans stress. Aller trop vite, c'est se garantir des problèmes de flottabilité et d'équilibre sous l'eau, ce qui n'a rien d'amusant. Se maintenir à son scaphandre afin de ne pas s'échapper vers la surface est certainement un point important, tout comme d'avoir pris la précaution de bien purger son gilet avant de commencer.
Mais une chose essentielle : pitié pour les nombreuses créatures que l'on peut écraser sans s'en apercevoir, rien qu'en décapelant son bloc et en le posant sans précaution sur le fond. S'il n'y a aucun caractère d'urgence, autant trouver un endroit désert, sablonneux, où la faune et la flore locales ne courent aucun risque. Un petit geste pour l'environnement sous-marin, que ce soit sur un rocher méditerranéen, un champ de laminaires breton ou un récif corallien.

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