Vider tuba, purger détendeur !

retour


Par Cédric Verdier

 

" Vider tuba, purger détendeur ! " Même si ce titre évoque plus une ritournelle du Moyen Age, la technique est sérieuse, voire essentielle pour le plongeur qui ne souhaite pas boire la tasse en utilisant son tuba ou son détendeur. Un peu d'eau dans la bouche à un moment inattendu, et c'est le stress, voire la panique.
Pourtant vider un tuba et purger un détendeur semblent des techniques élémentaires, apprises dès le début de l'apprentissage d'un plongeur. Mais ce dernier a parfois des difficultés à choisir la méthode la plus efficace et la plus appropriée en fonction du matériel et des circonstances.

Le vidage du tuba :

Equipement indispensable, le tuba est pourtant le mal aimé de la plongée scaphandre. On le cache dans un stab, on le ligote dans une sangle de couteau, voire on l'oublie. Pourtant celui à qui on réserve un sort digne du Masque de Fer, mériterait plus d'attention et devrait être plus souvent utilisé en surface. Dès lors, le moindre parcours en surface se ferait au tuba, évitant ainsi les nages sur le dos, rarement rectilignes, ou le détendeur en bouche, peu économique pour le stock d'air.
Mais que ce soit en apnée ou en scaphandre, lorsque l'on prend son tuba, il est généralement plein d'eau. Les fabricants proposent maintenant des tubas à soupape qui se vident plus ou moins partiellement dès que la tête est hors de l'eau.

Sans ces accessoires, il suffit d'effectuer une expiration énergique et forcée, suivie d'un inspiration interrogative, c'est à dire prudente car de l'eau peut encore rester dans le coude du tuba. Une deuxième expiration forcée permettra d'avoir un tuba réellement privé de toute eau.

Pour les apnéistes, cette expiration n'est pas toujours facile puisque effectuée en fin d'apnée, lorsque les réserves d'air sont au plus bas. On peut alors profiter de la loi de Boyle-Mariotte et du phénomène de dilatation de l'air à la remontée. Pour cela, dès le fond, on regarde légèrement vers la surface afin que l'extrémité du tuba soit légèrement plus bas que la bouche. Puis on expire un petit peu. Une bulle d'air se trouve capturée dans le tuba et se dilatera durant toute la remontée. Le tuba sera vide lorsque l'on atteindra la surface, à condition de n'avoir pas baissé la tête à un moment quelconque.


La purge du détendeur :

Que ce soit en surface afin de s'immerger, ou sous l'eau afin de respirer après un exercice ou une perte accidentelle, il faut avant toute chose récupérer son détendeur.

Pour cela différentes techniques permettent à coup sûr de retrouver ce précieux deuxième étage, en fonction du matériel utilisé et de la morphologie du plongeur.

La première d'entre elle consiste à ne pas perdre le détendeur, ou tout au moins de l'avoir toujours à proximité immédiate de la bouche. Notons que les pattes d'épaule avec Velcro que l'on trouve souvent sur les stabs ne sert pas à maintenir le flexible du détendeur. En effet lorsque le détendeur est en bouche, cela donne une rigidité anormale au flexible qui se fait alors un devoir de se sauver dès que le plongeur tourne la tête vers la droite. Les plongeurs militaires ou les plongeurs Tek utilisent plutôt une sangle en caoutchouc, ou en cordura avec un Velcro, qui maintient le détendeur en place tout en permettant malgré tout de l'enlever en cas de besoin.

Sans cet accessoire, un détendeur qui n'est pas en bouche et est laissé naturellement libre, révèle toute sa timidité et va généralement se cacher là où on ne le cherche pas, c'est à dire derrière le bras droit, voire derrière la bouteille.
Pour le rattraper, il suffit alors de se pencher sur le côté droit, afin qu'il sorte de sa cachette, et d'effectuer un large balayage du bras droit, de l'intérieur vers l'extérieur. Le flexible du deuxième étage aura alors toutes les chances de se retrouver en contact avec le bras. Il n'y a alors plus qu'à s'en saisir afin de faire regagner au détendeur une place qu'il n'aurait pas dû quitter.

Si cette recherche du deuxième étage perdu se révèle être infructueuse, on peut également récupérer le flexible au niveau du premier étage du détendeur. Avec la main droite, il faut pour cela rechercher le premier étage, puis à tâtons, retrouver le tuyau correspondant au deuxième étage et le suivre du doigt jusqu'à la source d'air tant attendue. Inutile de préciser qu'il est donc toujours préférable que les tuyaux soient bien configurés, celui du deuxième étage devant être celui que l'on trouve en premier, en haut à droite. Pour ceux dont l'articulation de l'épaule n'est pas d'une souplesse à toute épreuve, la main gauche peut soulever le bas de la bouteille afin que la main droite puisse plus facilement atteindre la robinetterie.

Une fois le détendeur récupéré, il ne reste plus qu'à le purger. Là, deux situations s'opposent ou se complètent, selon que le plongeur a les poumons plein d'air ou que son souffle vient à manquer.
Dans le premier cas, il pourra purger son deuxième étage en effectuant une expiration forcée similaire à celle du vidage de tuba, toujours suivie d'une inspiration prudente. Eventuellement, une deuxième expiration finira de purger le détendeur.
Dans le second cas, un accessoire fort utile, le bouton de surpression du détendeur, permettra d'expulser l'eau en envoyant une grande quantité d'air à l'intérieur. Il faut pour cela remettre le détendeur en bouche, tout en bloquant les voies aériennes et en appuyant sur ce bouton de surpression, parfois à juste titre appelé bouton de purge. Il y a rarement besoin dans ce cas là d'une seconde tentative, et cette technique est si agréable que l'on peut très bien l'utiliser même lorsque l'on a assez d'air dans les poumons pour effectuer la première méthode. C'est également la méthode utilisée par ceux qui ont un masque facial, qui enserre à la fois la bouche et le restant du visage. En purgeant le détendeur, tête en bas, on en profite aussi pour vider son masque : deux techniques en une !


Evacuer l'eau restant dans le tuba ou le détendeur, est un automatisme acquis par le plongeur expérimenté. Il n'en est pas de même pour le plongeur débutant, dont le niveau de stress est directement proportionnel au temps nécessaire pour récupérer et respirer sans problème sur une source d'air, que ce soit en surface ou au fond. Ces techniques sont donc au plongeur ce que les Sainte Marie de la Mer sont au gitan : un passage obligé. Tous les plongeurs, quels que soient leur niveau, leur matériel et leur provenance, les apprennent. Les techniques énumérées sont de celles qui sont régulièrement enseignées, répétées, évaluées et révisées. Car l'air est tellement plus agréable à respirer que l'eau…

    haut de page