L'histoire des oreilles

retour


Par Cédric Verdier

 

- De Aure Humana Tractatus -

Antonio Maria Valsalva fut ce que l'on peut appeler une sommité dans son domaine. Anatomiste et chirurgien dans le nord de l'Italie du 17e, Valsalva vit à l'époque où le monde scientifique bouillonne d'inventions et multiplie les échanges dans toute l'Europe. C'est aussi l'époque où Louis XIV enchaîne guerre sur guerre avec les différentes coalitions européennes. La passion de Valsalva, c'est l'oreille et l'un des problèmes auquel il s'attaque, c'est l'otite. En 1704, il publie un traité qui lui vaut l'estime de ses pairs : De Aure Humana Tractatus. Il affirme que pour évacuer le pus accumulé dans l'oreille moyenne, il n'y a qu'à percer à l'aide d'une aiguille, le tympan des malades pourtant déjà mal en point. Ensuite il ne suffit plus que de se pincer le nez et de souffler dedans pour tout faire sortir et pour inventer la désormais célèbre manœuvre de Valsalva. La méthode peut sembler barbare mais les plongeurs l'utilisent maintenant de manière satisfaisante sans avoir à percer un trou préalable.

Mais pour ceux qui n'arrivent pas à équilibrer l'augmentation de pression en plongée, plusieurs autres techniques existent, toutes basées sur des mouvements de mâchoires, de déglutition et d'envoi d'air dans l'oreille moyenne. Le but : ouvrir la trompe d'Eustache, petit orifice qui en tant normal s'ouvre naturellement de temps en temps, mais pas assez souvent pour qu'un plongeur puisse descendre rapidement sous l'eau.

Ce fut aussi le problème que rencontra le Docteur Frenzel de l'Armée de l'Air allemande lorsque les pilotes des bombardiers Stuka descend rapidement en piqué. Il fallut donc là encore, trouver une technique permettant d'équilibrer sans problème les différences de pression. La technique de Frenzel, dérivée de cette de Valsalva, naquit à cet époque.

Enfin quelques dizaines d'années plus tard, mais cette fois directement pour les plongeurs, le Docteur Delonca conçut une méthode appelée Béance Tubaire Volontaire afin d'ouvrir volontairement la trompe d'Eustache sans effort. Une disposition naturelle, un peu d'entraînement et le tour est joué pour équilibrer en douceur.

(Paru dans Plongée Magazine)

    haut de page