Les racines du ciel |
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Par Cédric Verdier
Des milliers de plongée s'effectuent chaque jour dans le monde en altitude, tout cela sans aucun problème. Malgré tout, la plongée en altitude pose de véritables problèmes. Jusque récemment, Martin Weber et Walter Keusen détenaient le record du monde dans ce domaine avec l'exploration de 20 lacs dans le massif du Mont Kenya, jusqu'à une altitude finale de 4782 mètres.
De nombreux problèmes se sont posés pour effectuer ces 20 plongées, entraînant une préparation de presque neuf mois. D'abord le portage du matériel car point de routes à l'horizon. Puis le froid régnant à ces altitudes, certains de ces lacs étant gelés sur plusieurs mètres. Le calcul de la décompression, qui nécessita le concours de Professeur Bühlmann, compatriote suisse des deux recordmen.
Mais le problème le plus difficile à résoudre fut certainement celui de l'adaptation de l'organisme. Tout d'abord l'air que l'on respire est largement appauvri en oxygène, créant le Mal des Montagnes et rendant tout effort pénible. Ensuite les variations de pression en plongée.
En effet, la pression atmosphérique avoisinant les 0,5 bar à ces sommets, il suffit de descendre à 20 mètres pour quintupler la pression ambiante, alors qu'en mer il faut attendre - 40 mètres pour subir la même variation. Autant dire que l'organisme est bien malmené si la vitesse de remontée est trop importante. Martin Weber se rappelle que " la vitesse à respecter dans les cinq derniers mètres était excessivement lente. Posés sur le fond, nous remontions centimètre par centimètre. Autrement, les vertiges étaient assurés. Une fois arrivés en surface, à cause de l'hypoxie, du froid et des variations de pression, il nous fallait souvent une bonne dizaine de minute avant d'être capable de nous mettre debout, sinon nous tombions dans les pommes. Et dire que nous nous étions préparés physiquement, comme des alpinistes ou des pilotes d'avion ".
Depuis, le record des " 5000 " a été battu, cette fois dans l'Hymalhaya, dans des conditions là aussi très difficiles. L'organisme humain n'est déjà pas conçu pour sous l'eau, alors en altitude