La fabrication des lampes de plongée

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Par Cédric Verdier

 

Rien de plus simple qu'une lampe de plongée. C'est comme une lampe terrestre mais étanche.
Elémentaire ! Du moins est-ce que de trop nombreux plongeurs croient encore.
En réalité la complexité d'une lampe est comparable à celle d'un détendeur, nécessitant pas moins de trente pièces soigneusement sélectionnées et calculées afin que tout fonctionne correctement et longtemps. Il n'y a pas de place à l'erreur car contrairement à un détendeur, la moindre goutte d'eau à l'intérieur et une partie du mécanisme est bon à jeter. C'est ce que découvrent à leurs dépens les apprentis bricoleurs qui s'essayent à la fabrication d'une lampe ou d'un phare. Beaucoup de temps et d'essais infructueux se soldent pas des phares qui prennent l'eau et coûtent finalement très chers.
Pour comprendre les subtilités des lampes, il faut en connaître les quatre pièces principales: les accus, l'ampoule, le réflecteur et le corps.

Les accus constituent un élément déterminant des performances de la lampe, son autonomie. Inutile d'avoir une lampe très puissante si elle s'éteint au bout de 15 minutes de plongée. Pour une taille similaire, les accus NiMh actuels ont 30% d'autonomie en plus que les Nickel Cadmium, bien sûr moins chers. Ils présentent également moins de mémoire de charge, ce qui signifie qu'il y a moins besoin de les décharger complètement avant de les recharger.

L'ampoule a des caractéristiques là encore fonction du prix. Le gaz à l'intérieur (halon pour les halogènes et xénon pour les Xénophots) détermine la quantité de lumière qui en sort. Mais entre ces deux types d'ampoules, la durée de vie peut varier de 50 heures à plus de 2000. A vérifier donc au moment de l'achat !

Le réflecteur permet quant à lui de canaliser le faisceau lumineux. C'est de cette petite parabole que vient toute la capacité d'éclairement de la lampe. Un réflecteur très ouvert donne un faisceau très large, mais un faisceau plus serré s'avère fort utile par visibilité réduit afin de réduire la diffusion de la lumière sur les particules en suspension. C'est donc un critère de choix important en fonction du type de plongées effectuées.

Le corps de la lampe assume deux fonctions: protéger la lampe des chocs et lui éviter tout contact avec l'eau. Mais c'est surtout le problème d'étanchéité qui pose le plus de problèmes aux concepteurs de lampes. La conception des joints toriques et des filetages ne supporte aucune approximation. Il faut tenir compte de la pression, du mouvement de l'interrupteur, et surtout de la dilatation des matériaux car la température au culot de la lampe peut facilement atteindre les 400°C. Chaque pièce, chaque lampe doit ainsi être testée séparément et le contrôle de qualité doit être permanent pour la fabrication en série. Il n'est pas rare de rebuter 30% des pièces constituant une lampe, lorsque les tolérances de fabrication ne sont pas respectées.

Tout ceci explique le prix parfois élevé des lampes et des phares de plongée, chaque pièce nécessitant le plus grand soin. Les matériaux ont leur importance, le corps de certaines lampes étant en PVC, d'autres étant métalliques.
Enfin deux conseils de Michel Maïssa, fabricant des lampes Dolphin Tek : il faut vérifier fréquemment le graissage des joints toriques et des filetages. Mais attention : juste un peu de graisse suffit. L'excès nuit à l'étanchéité.
Et surtout, toujours prendre garde que l'interrupteur soit bien bloqué dans le sac. Une lampe s'étant allumée dans un sac de plongée a crée un début d'incendie dans la soute d'un avion, obligeant celui-ci à un atterrissage d'urgence. Un bien mauvais début de vacances.

(Paru dans Plongée Magazine)

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